Bonjour,

Toi mon fils

Ce matin, quand Je t'ai déposé a l'hôpital, mon coeur s’est serré.

Encore une fois.

Tu sais, quand tu es né, je savais déjà que tu étais et que tu serais une personne exceptionnelle.

Et tu me l’as prouvé à maintes et maintes reprises jusqu’à maintenant, par ta force, ta compréhension, ta douceur, ta sensibilité et ta joie de vivre.

En tant que maman, on veut le mieux et on s’imagine le mieux de notre enfant, dès la minute où il vient au monde.

On l’imagine sur le podium de la coupe du monde de ski ou tenant la coupe Stanley au bout de ses bras.

On imagine qu’il sauvera des vies avec médecins sans frontières ou concoctera des recettes reprises par tous les grands chefs du monde.

On s’imagine que l’école, ça va être facile.

La lecture, l’écriture, les mathématiques, hop ! Un génie !

Mais on apprend parfois en cours de route qu’il y aura des embûches.

Pour toi, l’embûche, c’est une épilepsie sévère avec retard psychomoteur.

C’est un diagnostic qui a sonné très lourd dans mon coeur parce que je savais ce qui s’en venait.

Je savais que ton impulsivité te créerait parfois des problèmes.

Je savais que te faire reprendre constamment par 1000 intervenants différents, ça serait dur pour ton estime.

Et je savais que peu importe les efforts que tu allais mettre, parfois on croirait que tu ne t’es juste «pas forcé» ou tu «faisais exprès de ne rien comprendre».

Je savais aussi que c’est pour ça, parfois, que tu te découragerais facilement ou que tu penserais que tu n’es «pas bon» comparé aux autres.

Je savais que de trop nombreuses personnes ne comprendraient pas ton problème et te diraient simplement: «assieds-toi, concentre-toi» quand au fond, tu n’es pas capable de comprendre ou de te concentrer quand c’est nécessaire.

Ce matin, Mon coeur s’est serré parce que j’ai vu que tu faisais toujours les mêmes crises.

Mon coeur s’est serré en voyant ton expression triste, qui me disait: «mais maman, j’ai fait pas exprès, je vais plus le faire».

Je sais, mon bébé, je sais.

J’ai bien essayé de te dire que maman n’était pas fâchée, que j’étais fière de tes beaux efforts, que je te trouvais bon.

Mais de t’expliquer que ta réaction n'est pas adaptée, je n’ai pas su trouver les bons mots pour que tu sois quand même fier de toi.

J’ai bien essayé de te demander ce qui se passait, parce qu’à la maison, ce n’est jamais si catastrophique.

Mais comment toi, mon grand, du haut de tes 16 ans serais-tu capable de me dire que c’est parce que le bruit m'effraie, que tu as peurr de tout se monde ?

Que c’est parce que tu te sens agressé simplement.

Pourquoi ne voit on pas se qui te terrifie, t'énerve tant.

Mais ce matin, mon coeur s’est serré.

J’ai eu l’impression que tout nos efforts ete pour rien.

J’ai eu l’impression de perdre mon bébé.

Et j’ai eu de la peine, tellement de peine parce que j’aurais tellement voulu que ça soit facile pour toi.

Tu es un garçon extrêmement intelligent et ce qui me blesse le plus dans tout ça, c’est que j’ai peur que tu crois un jour que tu ne l’es pas.

On dit parfois que l’échec peut être formateur, mais à part pour former ma peine et la tienne, pour l’instant je ne le vois pas.

Tu sais, mon grand, de quoi j’ai le plus peur, à part pour toi ?

J’ai peur qu’on me juge, moi, en tant que maman.

J’ai peur qu’on pense que je ne fais pas mon travail de maman à la maison et je ne t'ai pas bien éduquer.

Comme j’ai peur qu’on me juge quand tu cours dans tous les sens, quand tu te comporte mal, même si je te dis 250 fois de rester près de moi.

J’ai peur qu’on pense que je suis une mauvaise mère.

Tu sais, parfois je le suis. Je crie et je perds patience, je t’ai même déjà tapé les fesses.

Mais tu sais, mon grand, je suis fière de toi et je le serai toujours.

J’essaie de te le dire le plus souvent possible, pour que toi aussi tu le sois.

Et même quand mon coeur se serre, je ne lâcherai pas.

Parce que je t’aime et que ça, je ne le contrôle pas, je le vis.

A tout ceux qui juge je voudrais vous dire que comme tous parents confrontés à la maladie, j'ai vécu le long parcours du combattant puisque l’arrivée de maladie psychique au sein d’une famille est un véritable séisme, détruisant la bonne harmonie familiale.

Tout le monde trinque, bien sûr en première ligne ryad, en deuxième moi sans oublier ses frères.

Je suis passés par toutes les phases : la non-acceptation de la maladie ; la culpabilité ( qu’ai-je fait de mal ? ) ; les paroles désobligeantes de la famille, des amis ; le refus de prise des médicaments par ryad (je ne suis pas malade ) ; les fugues ; les hospitalisations répétées ; la reconnaissance du handicap psychique.

Ce n’est pas facile pour un petit garçon d’accepter le statut de "handicapé " pourtant si nécessaire pour accepter sa maladie.

Bref aujourd'hui une étapes supplémentaires, une brèche supplémentaire a mon coeur de maman. 1h de droit de visite par jour.

Un coup de téléphone.

Je t'aime mon fils, maman t'abandonnera pas.

Ca va allais vite mon bébé.

38313_110249375693162_6780326_nRyad avec son petit frère Adel

J'ai fais un copié-collé du cri d'amour de ma filleule Sandra pour son fils Ryad.

On ne sais jamais vraiment ce qui ce passe derrière une porte une fois celle-ci fermée. 

On entrevoit des brides mais on ne connaît pas tous les tenant ni tous les aboutissant.

On juge souvent à tors et à travers !

Aujourd'hui, elle nous a livré un peu de son parcourt,

Je voulais le partager avec vous et juste lui dire que je suis très fière d'elle et de Ryad.

Que je les aimes de tout mon coeur.

Merci pour vos visites et vos messages

Prenez soin de vous et des vôtres.

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